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Congo : il y a 28 ans, les Congolais avaient fait semblant de laver leurs mains


Brazzaville, 10 juin (CONGO-SITE) - La République du Congo célèbre, ce 10 juin 2019, le 28ème anniversaire de la journée de la réconciliation nationale, du reste décrétée fériée sur tout le territoire national. Cette journée rappelle la date du 10 juin 1991 qui marqua la fin des travaux de la conférence nationale souveraine (CNS), ponctuée par la cérémonie de lavement des mains. Pourtant, 28 ans après, le constat est très amer. Puisque, au finish, l’on s’est rendu compte que ces Congolais n’avaient lavé leurs mains mais pas leurs cœurs souillés.



Des milliers des Congolais lors du semblant lavement des mains
Des milliers des Congolais lors du semblant lavement des mains
Les festivités marquant la célébration de cette journée vont se dérouler à Owando et Oyo, département de la Cuvette. Raison de plus. C’est dans ces localités d’où est parti le prétexte du déclenchement de la guerre du 5 juin 1997, avec l’affaire de tipoye, le 9 mai 1997.  L’affaire se poursuit quelques jours plus tard à Oyo, avec l’assassinat de quelques Congolais en provenance d’Owando. La suite était plus horrible qu'on ne pouvait l'imaginer.

Pourtant, pourtant, les Congolais s’étaient lavé les mains par le biais des principaux acteurs politiques du pays de l’époque, notamment le Président Denis Sassou N’Guesso ; le président du Conseil supérieur de la République (CSR), Parlement de transition, Mgr Ernest Kombo ; le Premier ministre, chef du gouvernement, chef suprême des armées, président du Conseil des ministres, André Milongo ; etc.

Pourtant, pourtant, la conférence nationale souveraine avait eu le mérite de donner un coup d'arrêt au régime monopartite, consacrant ainsi le retour au pluralisme démocratique. On n’ignore pas le caractère irréversible de la démocratie pluralisme au Congo-Brazzaville, en dépit de quelques soubresauts. Car, depuis cette conférence, les Congolais ont acquis la capacité à résoudre leurs problèmes ou conflits eux-mêmes, sans l'intervention de la communauté internationale ou d'une force extérieure.

Cependant, cependant, comme explique le plus illustre théoricien de la démocratie, le philosophe Platon, dans ’’La République’’, la démocratie est un régime fragile, car le désir de capter les voix des électeurs conduit les candidats aux élections à multiplier les moyens pour les séduire. Ce qui pousse irrésistiblement à la démagogie et à la détérioration de la vie collective. Même Athènes, la Cité de référence, n’a connu une démocratie digne de ce nom que quelques années, précisément au temps de Périclès. Encore faudra-t-il souligner que plus tard, au temps de Platon, un pouvoir indigne a mis à mort le bon Socrate.
 

Le Congo, malgré cette cérémonie de lavement des mains, s'est retrouvé au fond de l'abîme, avec trois guerres civiles meurtrières : en 1993-1994 entre la Force publique appuyée par les partisans du Président de la République, Pascal Lissouba, également président de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), et les miliciens ninjas du leader de l'opposition et président du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI), Bernard Kolélas.

En 1997 les forces fidèles au Président Pascal Lissouba et les ninjas de Bernard Kolélas s’affrontent avec les cobras de l'opposant Denis Sassou N’Guesso, également président du Parti congolais du travail (PCT). En 1998-1999, ce sont les Forces armées  congolaises (FAC) qui s’affrontent avec les rebelles de Frédéric Bintsamou alias pasteur Ntumi. 

De 2015 à 2016, le problème du changement de la Constitution de 2002 a divisé la classe politique. Le repli identitaire, le favoritisme, l'injustice, l'impunité, la haine, la vengeance, la course de manière gauche au pouvoir, etc., se sont accentués. Certains leaders politiques, surtout de l'opposition radicale, ont perdu la notion de «dialogue permanent» pour parvenir à des solutions consensuelles. Ils ont opté pour une intransigeance absolue : le radicalisme.

Au lendemain de l’élection présidentielle de mars 2016, pasteur Ntumi, qui n’était pourtant pas candidat à cette élection, a volé la vedette de certains candidats de l’opposition. Pointé du doigt par le gouvernement pour les violences du 4 avril 2016 dans les quartiers sud de  Brazzaville, s’est retranché dans le Pool. Conséquences : le pays a enregistré encore des morts, des blessés et des déplacés dans le pays, à cause de cette soi-disant démocratie. Plus que même au temps du régime monopartite.

En clair, les acteurs politiques congolais ont toujours démontré qu’ils n’aiment pas leur pays, Ils placent leurs intérêts personnels au-dessus de l’intérêt collectif. Ce qui fait dire à certains observateurs de la vie politique congolaise que la cérémonie du 10 juin 1991 « n’avait été qu’un divertissement ».

Dès lors que les acteurs politiques sont devenus des profiteurs de la République, la démocratie ne peut être envisageable dans le pays qu’à la condition de changer leurs mentalités.

Les Congolais devraient s’approprier la pensée de Denis Sassou N’Guesso, selon laquelle : «L’avenir de la démocratie dans le monde, en Afrique, dans cette partie de l’Afrique et au Congo appartient non pas à ceux qui prétendent être innocents, purs et sans taches, mais à ceux qui sauront se convertir à cette nouvelle exigence».
 
 

Gos-Gaspard Lenckonov



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