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Comprendre le slogan « Siamo tutti antifascisti » et ses variantes inclusives en français

Groupe diversifié de militants tenant une banderole antifasciste sur une place européenne pavée
4 min

« Siamo tutti antifascisti » se traduit littéralement par « nous sommes tous antifascistes ». La phrase fonctionne à la fois comme déclaration d’identité collective et comme mot d’ordre de ralliement. Son emploi dépasse le cadre militant traditionnel : elle circule dans des cortèges, sur des banderoles, dans des chants de stade et, depuis quelques années, dans des variantes qui modifient le pronom ou la terminaison pour inclure d’autres sujets politiques.

Origine italienne du slogan antifasciste et fonction politique

Le slogan s’inscrit dans une tradition de résistance au fascisme italien dont les racines remontent à l’opposition au régime de Mussolini. La formule n’est pas attribuée à un auteur unique. Elle émerge comme un cri collectif, repris de génération en génération dans la culture politique italienne.

Sa structure grammaticale est volontairement simple. « Siamo » (nous sommes), « tutti » (tous), « antifascisti » (antifascistes) : trois mots qui posent un sujet collectif, un quantificateur universel et une position politique. Cette simplicité explique sa persistance et sa capacité à traverser les contextes.

Comme le montrent des articles récents sur Perspective Media, la traduction française et ses variantes inclusives suscitent un intérêt croissant au-delà de l’Italie. Le slogan ne reste pas figé dans l’histoire : il se réactive à chaque mobilisation.

En septembre 2026, un cortège à Venise a scandé cette phrase en réaction à des provocations attribuées à des créateurs de contenu associés à la droite radicale. Le slogan fonctionnait alors comme réponse collective à une mise en scène numérique de la confrontation politique, et non comme un simple rappel historique.

Femme devant un mur de graffiti avec le slogan antifasciste en italien et en français

Variantes inclusives en italien : de « tutti » à « tuttx » et « tutte »

Le mot « tutti » en italien est un masculin pluriel à valeur générique. Il est censé englober tout le monde, mais les mouvements féministes et queer contestent cette neutralité supposée depuis plusieurs décennies.

Trois variantes principales circulent aujourd’hui :

  • « Siamo tutte antifasciste » féminise l’ensemble de la phrase. Le pronom « tutte » et l’adjectif « antifasciste » passent au féminin pluriel. Cette forme désigne explicitement un sujet politique féminin et revendique une place dans la lutte antifasciste.
  • « Siamo tuttx antifascistx » remplace les terminaisons genrées par la lettre « x ». Ce procédé, emprunté aux pratiques d’écriture inclusive hispanophone et anglophone, vise à neutraliser le genre grammatical et à inclure les personnes non binaires.
  • « Siamo tutt* antifascist* » utilise l’astérisque dans la même logique que le « x », avec une convention graphique différente. L’astérisque est plus fréquent dans les milieux militants italiens traditionnels.

Ces modifications ne sont pas de simples jeux typographiques. Chaque variante redéfinit qui parle et qui est inclus dans le « nous ». La revue La Déferlante a consacré une analyse à la variante « tuttx », en la reliant à la construction d’un front queer antifasciste où la lutte contre le fascisme et la lutte contre les normes de genre convergent.

Traduction française du slogan et adaptation militante

La traduction directe, « nous sommes tous antifascistes », pose un problème identique à celui de l’italien : le « tous » masculin générique. Les adaptations françaises suivent donc des logiques parallèles.

« Nous sommes tou·tes antifascistes » utilise le point médian, convention d’écriture inclusive la plus répandue en France. « Nous sommes toutes antifascistes » reprend la féminisation intégrale. « Nous sommes toustes antifascistes » fusionne les deux formes dans un néologisme oral, fréquent dans les cortèges.

La circulation du slogan entre l’Italie et la France est documentée. Ce transfert transnational montre que le slogan ne fonctionne pas comme une simple traduction, mais comme un signe de reconnaissance entre mouvements qui se perçoivent comme alliés.

Salle de cours universitaire avec projection du slogan antifasciste en français et en italien

Antifascisme contemporain : un slogan devenu marqueur civique

Réduire « Siamo tutti antifascisti » à un mot d’ordre d’extrême gauche serait inexact. Les mobilisations récentes en Italie montrent un usage plus large.

À Venise, le rassemblement de septembre 2026 réunissait des habitants du quartier et des associations locales. Le slogan y fonctionnait comme marqueur d’un front civique local, en réponse à des agressions liées à des provocations sur les réseaux sociaux autour de l’immigration et de la présence musulmane. La formule « Venezia è antifascista » (Venise est antifasciste) territorialisait le message : le sujet politique n’était plus un « nous » abstrait, mais une ville qui se définit collectivement.

Cette territorialisation modifie le sens pragmatique du slogan. On passe d’une déclaration d’identité idéologique à une revendication d’espace public.

Le slogan s’adapte à chaque contexte sans perdre sa structure de base. Qu’il soit scandé en italien, traduit en français, féminisé ou territorialisé, il conserve le même mécanisme : poser un « nous » collectif face à ce qui est identifié comme une menace fasciste ou autoritaire.

La variante inclusive ne contredit pas la version originale, elle en précise le périmètre. Le débat sur la terminaison grammaticale est en réalité un débat sur qui a le droit de se revendiquer partie prenante de cette lutte.

Comprendre le slogan « Siamo tutti antifascisti » et ses variantes inclusives en français