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L’Afrique et l'Europe rêvent de construire un avenir commun

Le 5ème sommet Union Africaine – Union Européenne (UA-UE) qui se tient les 29 et 30 novembre 2017 à Abidjan (Côte d’Ivoire), semble vouloir se distinguer des précédents, tant les deux parties affichent les intensions de construire un avenir commun.



Moussa Faki Mahamat et Jean-Claude Juncker
Moussa Faki Mahamat et Jean-Claude Juncker
Dix ans après l’adoption de la stratégie commune, l’UA et l’UE tentent de coopérer sur des enjeux à importance majeure. Les atouts ne manquent pas. Par exemple, les deux continents font un ensemble de 83 pays, avec 1,7 milliard d’habitants. Liées par la géographie, l’histoire et l’humanité, l’Afrique et l’Europe partagent désormais les mêmes valeurs, les mêmes principes et la même croyance en un ordre mondial fondé sur des règles. 
 
L’UA et l’UE sont bien conscientes que ce qui se passe chez l’une a des répercussions chez l’autre. Le renforcement de la coopération engagé ces dix dernières années, précisément dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, des partenariats de migration, de la croissance économique, des échanges et du changement climatique, est l’expression de cette vision. On voit que des troupes européennes travaillent aux côtés de celles africaines pour maintenir la paix, faire respecter l'État de droit et lutter contre la piraterie et la traite des êtres humains. Par exemple en Somalie, au Mali ou en République centrafricaine (RCA), etc.
 
Dans un article rédigé conjointement par Jean-Claude Juncker et Moussa Faki Mahamat, respectivement président de la Commission européenne et président de la Commission de l'UA, les deux personnalités affirment que grâce aux efforts de coopération, les deux sociétés sont plus fortes, plus sûres et plus prospères.
 
les deux présidents soulignent que l’Europe est en train de devenir la région la plus «âgée» du monde d’ici à 2030, tandis que l’Afrique est de loin la plus «jeune», l’âge médian y étant déjà inférieur à 20 ans. La population africaine devrait doubler d’ici à 2050 pour atteindre 2,4 milliards d’habitants, et quadrupler d’ici à 2100 pour s’établir à plus de 4 milliards d’habitants. L’Afrique étant considérée comme le continent de l’avenir, c’est à juste titre que ce sommet qui se tient sur le sol africain soit consacré à la jeunesse. «À Abidjan, l’UE et l’Afrique disposent d’une occasion unique de commencer à façonner, ensemble, un avenir commun», peut-on lire dans cet article.
 
S’interrogeant sur les besoins de la jeune génération, les deux auteurs de l’article suggèrent qu’il faudrait des emplois durables et de qualité (18 millions par an), un environnement sûr, une énergie financièrement abordable, un accès aux soins de santé et à l’éducation.

«L’Afrique dispose d’un secteur de l'entrepreneuriat en plein essor qui lui permettra de se développer, mais l’Europe et sa riche expertise peuvent l’accompagner dans cette transition», affirment-ils, ajoutant que l’Afrique et l’Europe doivent tirer parti de tout ce qui a déjà été réalisé.
 
Selon ces deux personnalités, d’ici à 2020, la Commission consacrera 31 milliards d’euros à l'aide au développement afin de donner aux jeunes une chance de prospérer dans leur pays. Le Fonds fiduciaire UE-Afrique soutient les jeunes et les femmes dans les régions du Sahel et du lac Tchad, de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique du Nord en mettant l’accent sur la formation professionnelle et la création de micro et petites entreprises. La Banque européenne d’investissement, quant à elle, apporte chaque année un financement de 2 milliards d’euros.
 
Ces soutiens financiers font une véritable différence sur le terrain. Ils permettent par exemple de déployer la couverture de téléphonie mobile dans les zones rurales éloignées de la République démocratique du Congo (RDC) et du Cameroun ; de fournir à 18 millions d’Africains un accès à des énergies propres.
 
Cependant, pour MM Juncker et  Moussa Faki, l’UA et l’UE doivent redoubler des efforts pour lutter contre les causes profondes de la migration irrégulière, qui fait encore trop de victimes et continue d’enrichir un grand nombre de trafiquants. Elles doivent également faire plus pour améliorer le climat des affaires et mettre en place une plateforme permettant aux innovateurs africains de se développer.

Pour y parvenir, indiquent les deux hommes, il faudra la participation active du secteur privé : il s’agit d’un investissement dans notre avenir commun ;  d’un partenariat d’égal à égal dans lequel les deux parties se sentent mutuellement, s’aident à prospérer et à rendre le monde plus sûr, plus stable et plus durable.
 
Malheureusement, de tout temps les relations entre l’Afrique et l’Europe ont été gorgées d’enjeux cachés et d’intérêts inavoués, rien n’empêche que la volonté affichée par les présidents de la Commission européenne et de la Commission de l'UA ne s’arrête au niveau des intentions. Parce que, l’Europe a souvent décidé pour l’Afrique, mais rarement avec l’Afrique. 

Gos-Gaspard Lenckonov


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