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Congo-Brazzaville : le faux-semblant de la majorité présidentielle


Brazzaville, 4 mai – (CONGO-SITE) - Les universités politiques des partis de la majorité présidentielle et de la coalition au pouvoir se sont ténues du 27 février au 30 avril, à Brazzaville. Les participants ont fait un état des lieux de la situation politique, économique et sociale du pays. A cette occasion, ils ont fait semblant de critiquer l'action du gouvernement, avant de formuler des recommandations.



Au cours de ces universités politiques, la majorité présidentielle a dénoncé le manque d'action du gouvernement dans la lutte contre la corruption. « La corruption, la concussion, la fraude et autres crimes économiques occasionnent des enrichissements sans cause et ruinent l'économie nationale. La corruption constitue un véritable fait de société qui gangrène dangereusement la vie des populations. Elle est principalement due à la faiblesse dans la gouvernance, l'impunité », indique le communiqué final de ces universités. 

Dans ce communiqué, les participants ont recommandé : « lI faut appliquer la loi sur la déclaration du patrimoine, en vue de renforcer la lutte contre les détournements des deniers publics ; rendre opérationnels tous les organes de contrôle et de lutte contre la corruption et tous les actes inciviques, particulièrement la Haute cour de justice et la Haute autorité de lutte contre la corruption ; traduire en justice les auteurs d'actes d'antivaleurs et de faire aboutir les procédures y relatives, quel que soit le statut des personnes incriminées ».

Et, en appelant à « une réflexion collective, critique, rigoureuse et sans tabou» qui donnerait à la fin «des vraies réponses aux vrais sujets de préoccupation de nos compatriotes», Pierre Ngolo, le secrétariat général du PCT, également président par intérim de la majorité présidentielle, s’est tiré une balle dans le pied.

Tel est pris qui croyait prendre

La majorité s'est pris un coup de couteau dans sa cuisse. En effet, la majorité présidentielle désigne l’ensemble des partis politiques et groupements politiques qui soutiennent l'action du Président de la République. Et, le rôle essentiel des partis politiques est de participer à l’animation de la vie politique. De manière précise, les partis politiques remplissent deux fonctions. Ils sont les intermédiaires entre le peuple et le gouvernement, en ce sens qu’ils élaborent des programmes présentant leurs propositions qui sont reprises dans le projet du gouvernement.

Les partis politiques ont également une fonction de direction, puisqu’ils ont pour objectif la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée. Si dans les régimes pluralistes la conception traditionnelle est que le pouvoir exécutif est en charge de l’intérêt national indépendamment des partis politiques, il n’en demeure pas moins vrai que ceux-ci assurent la conduite de la politique nationale par l’intermédiaire de leurs représentants au gouvernement et dans la majorité parlementaire. Au Congo-Brazzaville, la majorité présidentielle (ou pouvoir majoritaire) n’est pas différente de la majorité parlementaire. Le gouvernement ne compose pas avec une majorité hostile, susceptible de sanctionner ou de contrecarrer son action.

L’absence d’une justice indépendante

 « Nous venons, à partir des universités politiques de la majorité présidentielle, de prendre un nouvel engagement, à la mobilisation générale, à l’action constante et efficace, au soutien sans faille à notre leader, le Président Denis Sassou N’Guesso et aux institutions de la République », a dit Pierre Ngolo.

Il est une évidence qu’en l’absence d’une justice indépendante, ces engagements ne seront jamais respectés. Le Congo ne pourra pas aller jusqu’aux origines de la corruption et atteindre les parties qui protègent ce fléau.

La crise économique et financière que connaît le pays est consécutive à la mauvaise gestion du portefeuille public. Les auteurs de cette mauvaise gestion ne sont autres que des membres des partis de la majorité présidentiels. Combien ont-ils été interpellés par la justice ? En dehors de Jean Didier Elongo qui écope de deux ans d’emprisonnement ferme et de quelques directeurs généraux et centraux comme Bernard Ovoulaka, Maxime Palessonga et Joachim Ndinga.

Le gros poissions ne sont jamais pris dans les filets de la justice congolaise. Ce qui poussent certains à s’interroger sur l’existence d’une justice libre au Congo-Brazzaville. D’autres, de manière très méchante, disent que « le Congo est tributaire d’une justice qui est à mille lieux de l’équité, les institutions judiciaires de notre pays ce sont révélées être un temple d’iniquité et du vice».

En réalité, les critiques de la majorité présidentielle à l’endroit du gouvernement sont qu'un véritable faux-semblant, la majorité présidentielle et le gouvernement étant bonnet blanc et blanc bonnet. Dès lors que le gouvernement est constitué des membres des partis de la majorité, l’on peut se demander, finalement, qui critique qui.

Gos-Gaspard Lenckonov



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