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Présidentielle 2017 en France : Sarkozy éjecté appelle la droite à voter pour Fillon

Il était convaincu d'être "le recours" dont le pays avait besoin, le meilleur rempart au Front national. Comme VGE, l'histoire d'un come-back impossible.



Une bombe atomique ! L'élimination d'un ancien président de la République dès le premier tour d'une primaire... Historique ! Ce scénario catastrophe, Nicolas Sarkozy ne l'a pas imaginé une seconde au cours des quatre ans qui se sont écoulés depuis son discours de perdant le 6 mai 2012 à la Mutualité. Il se réclamait alors d'« une France  qui sait que la vie est faite de succès et d'échecs, et qui sait qu'on est grand dans la défaite ». Il n'avait pas fermé la porte à son retour ce soir-là, en rayant la phrase qui aurait pu être définitive... Il aurait dû se retirer. Mais pour cet homme énergique, abandonner la politique était tout bonnement impensable.

Il n'a jamais pris sa retraite. Dès 2012, Nicolas Sarkozy n'a pensé qu'à cela : revenir, défier Hollande (« ce nul »), laver l'affront d'une défaite qu'il n'a jamais admise. « À deux semaines près, j'aurais gagné » fut son mantra pendant quatre ans. Renoncer n'est pas dans son vocabulaire. De tous les candidats à la primaire, Nicolas Sarkozy était le plus « ancien » au sens où la politique coule dans ses veines depuis son premier engagement militant en 1974 à l'UDR. Même Juppé, plus âgé, s'est engagé plus tard. Sarkozy n'a jamais fait autre chose dans sa vie. L'histoire s'arrête pour lui ce soir, à 61 ans et bientôt 10 mois. C'est jeune, et il va devoir reconstruire sa vie sur une humiliation. Sur un péché d'orgueil.

Sarkozy : « Juppé ? Une popularité à la Jack Lang »

L'homme ne manque pas de ressources. Il a montré à plusieurs reprises qu'il pouvait se remettre des pires avanies. Rappelons-nous : les crachats des militants subis après la guerre perdue contre Chirac du temps où il soutenait Balladur. Il a su s'en relever. La défaite cuisante des européennes de 1999 (3e derrière la liste Pasqua), il a su s'en remettre. Mais, cette fois, sa carrière politique est terminée. Comme jadis Valéry Giscard d'Estaing, le retour était impossible. Une autre vie commence pour lui... « Il est temps pour moi d'avoir une autre vie avec plus de passions privées et moins de passions publiques », lâche-t-il ce soir, les mains sur son pupitre depuis son QG de campagne. « Je n'ai aucune amertume, aucune tristesse, » assure-t-il en appelant à voter François Fillon  au second tour de la primaire.

 
 

C'était un pari fou dans une époque folle, minée par le découragement des Français, les attentats islamistes et la montée des populismes dans le monde occidental. Comme toujours, Nicolas Sarkozy affichait une confiance d'acier en son étoile. Quelques mois après son retour à la tête du parti, il recevait Le Point. Nous lui demandions pourquoi ce retour, alors qu'Alain Juppé était déjà au sommet des sondages, que la droite avait déjà son champion, qu'il suffisait de se mettre en ordre de bataille derrière le maire de Bordeaux pour renverser le pouvoir socialiste ? « Juppé, il a la même popularité qu'un Jack Lang  ou qu'une Simone Veil. Elle ne se convertit pas dans les urnes. Et puis, il y a son âge... Croyez-vous que vous seriez là, devant moi, s'il en existait un plus jeune et plus brillant que moi ? » Il ne pouvait s'empêcher de rouler des mécaniques et ne pouvait imaginer que son ancien Premier ministre, son « collaborateur », François Fillon, et son ancien ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, puissent l'éliminer au terme d'une primaire dont, à l'origine, il ne voulait pas. Ce n'est que contraint qu'il accepte cet exercice de démocratie en rupture avec la tradition bonapartiste de la droite française dont le chef est désigné par acclamation...

Sarkozy n'est pas Trump

La victoire de Trump, analysée comme la victoire d'un « vote caché » ou d'une « majorité silencieuse », lui a donné l'illusion que le vent soufflait en sa faveur ces derniers jours. Or, Sarkozy n'est pas Trump. Il n'a pas son caractère de « nouveauté » ni ses excès de langage d'ailleurs (et tant mieux). Qu'il le veuille ou non, qu'il s'improvise le « candidat du peuple contre l'élite » (quand on est ami avec Martin Bouygues, Vincent Bolloré et Bernard Arnault, ça fait sourire), Sarkozy est un sortant et les Français ont décidé de se servir des primaires pour tuer, un à un, tous les sortants. Chez les écologistes, Cécile Duflot en a été la première victime. Sarkozy passe à son tour à la guillotine, avant que François Hollande ne le rejoigne.

Il avait pourtant tout prévu, Nicolas Sarkozy. D'abord, veiller à ce que l'UMP évite de faire l'inventaire de son quinquennat. Les sarkozystes, Brice Hortefeux en tête, y ont pris bien garde. En novembre 2012, le parti est à prendre. Fillon, très populaire, n'a plus qu'à se baisser pour le ramasser. Il faut absolument l'en empêcher. Sarkozy soutient Copé et met son réseau à disposition. Blessé à la suite d'un accident, Fillon ne peut faire campagne. Jean-François Copé sillonne le pays et verrouille le vote. Le 18 novembre 2012, c'est l'explosion : impossible de départager les deux hommes. Les accusations de triche fusent. La bagarre est violente et divise profondément la droite. Mais, in fine, Fillon renonce à contester le scrutin en justice. Le groupe dissident (le RUMP) qu'il a constitué à l'Assemblée nationale est dissous en janvier 2013. Soulagement de Sarkozy... Fillon laisse les clés du parti à Jean-François Copé.

Sarkozy n'a pas reconquis les retraités

En coulisse, Nicolas Sarkozy vient de remporter une manche décisive. D'autant plus qu'un an plus tard, Jean-François Copé demeure scotché dans les sondages présidentiels. En décembre 2013, dans son refuge de la rue de Miromesnil, Sarkozy biche devant ses visiteurs : « Avoir un président de l'UMP à 1 %, c'est parfait pour moi. J'ai une stratégie de retour par le haut, stratosphérique. Imagine que j'aie eu un jeune talent à la tête de l'UMP, je ne pourrais pas envisager le retour. Avec Copé, qui est nul, je suis tranquille. » Ce n'est pas si sûr, mais il ignore encore que certains, au sein du parti, se doutent que ses comptes de campagne ne sont pas tout à fait nets... Le scandale se murmure chez les fillonistes bien avant qu'il n'éclate dans la presse.

De fait, les affaires ne vont cesser de polluer l'atmosphère des sarkozystes. Aucune condamnation ne vient entacher le CV du « patron », mais il y a suffisamment de buzz négatif pour créer un climat de suspicion qui a pu conforter les électeurs de droite qui avaient des doutes à son égard. Peut-on se permettre d'envoyer à la présidentielle un candidat sur lequel pèsent tant d'instructions ? Comme l'a dit Juppé (condamné en 2004), « en matière judiciaire, il vaut mieux avoir un passé qu'un avenir ». La flèche a fait mal...

L'ancien chef de l'État avait prévu de faire trois campagnes : la première sur le « rassemblement » qui lui permet de reprendre le parti en septembre 2014 avec 65 % des voix ; la deuxième sur l'identité qui aurait dû sacrer sa campagne de la primaire et enfin, la dernière, la présidentielle, aurait été bâtie contre le Front national. Qu'est-ce qui n'a pas marché ? Selon Brice Teinturier, d'Ipsos, Nicolas Sarkozy a commis une erreur de positionnement : « Pour la droite, il y a deux publics essentiels : les retraités et les cadres. Sarkozy les a perdus durant son quinquennat et il ne les a pas reconquis depuis. Au fond, pour gagner, il aurait dû revenir par la gauche du parti, en apaisant les retraités et les cadres. Comme Chirac en 1995 qui a battu Balladur en le prenant par la gauche grâce à la fracture sociale. »

Fillon promet « la rupture » que Sarkozy n'a pas accomplie

Il a fait le choix inverse : s'appuyer sur son noyau dur, se montrer à l'écoute de la France périphérique pour mordre sur le vote FN, porter sur la France le diagnostic le plus en phase avec les craintes suscitées par l'islam politique, et bâtir un programme économique sur le « ras-le-bol fiscal » généré par le quinquennat Hollande. Ce faisant, il a galvanisé ses « fans », mais il n'a pas suffisamment mordu sur le FN ni reconquis ceux qui croyaient, en 2007, en la « rupture promise ».

François Fillon a réussi une fin de campagne en promettant justement cette « rupture ». Il était Premier ministre sous Sarkozy, donc solidaire d'un bilan mitigé et gâché par l'ampleur de la crise des dettes souveraines. Fillon est parvenu à le faire oublier tout en proposant un choc libéral et des garanties sur les valeurs conservatrices. C'est la première fois dans l'histoire du pays qu'un ancien Premier ministre abat les ambitions d'un ancien président de la République qu'il a servi pendant cinq ans...


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