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Inès Nefer Bertille Ingani appelle les femmes à la solidarité nationale pour la paix au Pool

Dans un discours prononcé le 11 septembre 2017 à Kinkala, la Ministre de la Promotion de la Femme et de l’Intégration des la Femme au Développement, Mme Inès Nefer Bertille Ingani, a appelé les femmes congolaises à une solidarité nationale pour la paix dans le Pool. Elle a rappelé que le Pool n’était pas la propriété d’un seul individu ou d’un groupe d’individus, ajoutant que ce département a tout à perdre et a déjà tout perdu, car aucun programme de développement et d’éducation ne peut s’exercer dans les conditions dans lesquelles il se trouve. Voici l’intégralité de son discours.



« Monsieur le préfet du département du Pool ;
Monsieur le président du Conseil départemental du Pool ;
Monsieur le sous-préfet du District de Kinkala ;
Monsieur le maire de la communauté urbaine de Kinkala ;
Mesdames, Messieurs les représentants des Administrations publiques et privées ;
Mesdames, Messieurs les responsables des ONG, associations et confessions religieuses ;
Distingués invités en vos rangs, grades et qualités ;
Mesdames, Messieurs ;
 
Votre présence ici témoigne de l’intérêt que vous accordez à la recherche des solutions salutaires à la situation sécuritaire qui prévaut dans le département du Pool. Aussi, je m’en voudrais de ne pas vous réitérer mes remerciements pour avoir honoré de votre présence cette rencontre citoyenne, dont le but est de sensibiliser les populations, particulièrement les femmes du Pool ici représentées, sur les méfaits des conflits pour nos communautés.
 
Il est à rappeler que dans le cadre de la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de Sécurité des Nations Unies relative aux femmes, à la paix et à la sécurité, adoptée en 2000, il est  reconnu l’importance et le rôle d’une pleine participation  des femmes dans le maintien de la paix et de la sécurité.
 
C’est pourquoi, l’occasion est toute indiquée pour nous, femmes congolaises, d’exprimer et de témoigner notre solidarité et notre soutien inconditionnel à l’endroit de nos sœurs et filles vivant  dans le département du Pool, face à la situation d’insécurité qui perdure. Il est donc temps d’agir dans un élan de solidarité. Car, si l’on n’est pas victime, on peut être ami ou parent d’une victime.
 
La situation d’insécurité qui prévaut dans le département du Pool depuis plusieurs mois ne peut nous laisser indifférentes. On ne peut rester les bras croisés face à la précarité de vie dans certains villages, pris en otage et servant de bouclier humain à un homme pour des buts inavoués.
 
La détresse des femmes, la recrudescence des violences basées sur le genre, l’abandon scolaire des enfants, ainsi que le manque d’activités génératrices de revenus des groupements coopératifs, sont autant des cris d’alarme qui nous permettent de nous atteler, tous, pour lutter contre les antivaleurs, résoudre la crise d’insécurité qui sévit actuellement et trouver une solution durable pour la paix dans le département du Pool.
 
A ce titre,  nous devons faire appel à une participation et une implication massive des femmes pour la résolution pacifique de cette situation, car les femmes subissent la guerre d’une manière différente à celle des hommes.
 
Mesdames et messieurs ;
 
Les missions assignées par le Président de la République au Ministère de la Promotion de la Femme et de l’Intégration de la Femme au Développement, dont j’ai la charge portent sur :
  • le renforcement des capacités institutionnelles du ministère ;
  • la protection et l’amélioration du statut politique, économique, social et culturel de la Femme ;
  • le soutien aux activités génératrices de revenus des femmes et des jeunes filles.
 
Ceci revient à dire qu’il est important pour nous d’avoir des indicateurs précis pour évaluer l’impact de la mise en œuvre des projets et programmes sur le statut de la Femme congolaise. Ainsi, comment peut-on les évaluer si les femmes d’une partie de la République n’ont pas accès à ces services ?

Distingués invités ;
Mesdames, messieurs ;
Chères mamans, chères épouses et chères sœurs ;
 
Nous savons tous que les femmes sont les plus exposées lors des conflits armés et subissent toutes sortes de discriminations liées à leur condition de femme. Victimes de toutes les formes de violence, elles sont souvent obligées d’abandonner leurs domiciles et leurs activités lucratives pour fuir l’atrocité des violences.
 
Face à ce portrait sombre, tous, nous savons aussi que les femmes savent ce qu’il faut faire. Elles peuvent être des agents de changement et elles ont de l’expérience dans le traitement des questions sur la résolution des conflits parce qu’elles sont mères, épouses, sœurs de ces hommes qui ont pris les armes et toute une communauté en otage pour les réduire à l’embrigadement.
 
On ne le dira jamais assez, les femmes et les enfants du département du Pool sont utilisés comme bouclier humain pour nourrir la soif de pouvoir d’un homme et sa bande armée. Que gagnent les femmes du Pool dans cette guerre fratricide imposée par un illuminé ? Que gagnent les fils du Pool dans cette démagogie meurtrière ?
 
Le département du Pool a tout à perdre et a déjà beaucoup perdu, car aucun programme de développement ne peut s’exécuter dans ces conditions. Sur le plan scolaire, les enfants n’ont plus de repères. Et, cela se fera sentir dans quelques années, croyez moi. Car, le Pool n’aura pas des cadres formés dans des conditions idoines. Où est donc passé le pragmatisme des cadres responsables du pool ? Pourquoi tant de résignation ? Alors que l’intérêt général de nos fils et filles du Pool nous le commande !
 
Notre pays devrait, à présent, être totalement concentré sur la recherche des solutions face à la crise économique. Les femmes du Pool pleurent pour leurs enfants et leurs époux, pour leur situation socio-économique dégradée. Elles sont humiliées. Leur cri d’alarme est venu jusqu’au département de la Promotion de la Femme et de l’Intégration des la Femme au Développement, qui ne peut rester insensible par devoir et solidarité gouvernementale.
 
Comment rendre autonomes les femmes qui pratiquent l’agriculture pour nourrir des familles entières si leur lieu de travail est devenu une niche d’insécurité fermentée par nos propres enfants qui échappent à notre contrôle ?
 
Femmes du Congo en général et en particulier celles du Pool, membres des partis et associations politiques, cadres des administrations publiques et privées, responsables et membres de la société civile et confessions religieuses, il est temps d’arrêter cette hémorragie qui n’honore pas la culture bantous.
 
Le Congo est UN et Indivisible !
 
Nous devons adopter une démarche novatrice et nous poser la question en chacun de nous, qu’avons-nous déjà fait. Que devons nous faire ? Que nous restent-ils à faire ? Le Pool n’est pas la propriété d’un homme où d’un groupe d’individus. Le Pool c’est simplement le Congo. Ses habitants ont droit à une vie paisible.
 
Chères mamans, chères sœurs ;
 
Nous devons nous soutenir et demander d’une seule voie claire à monsieur Bintsamou de libérer nos enfants pris en otage. S’il aime réellement le Pool, qu’il libère nos enfants. Car, le Pool est en train de régresser dans tous les domaines. Et, c’est à nous tous qu’incombe  l’obligation de sauver nos maris, nos frères et nos enfants qui ont choisi la voie de la violence et de l’obscurantisme aux côtés de monsieur Ntumi pour des raisons que nous ignorons tous. Cette aventure, absurde et sans fondement contre l’Etat, est sans issue.

Cette rencontre citoyenne avec les femmes du Pool n’est qu’une première démarche vers la fin du cauchemar. Je suis venue ici pour vous écouter et vous rassurer que le Gouvernement continu de travailler, sans relâche, pour trouver des solutions de mettre fin à ce théâtre macabre et que le département du Pool retrouve sa quiétude et sa dignité.
 
Chacun de nous, partout où il se trouve, doit faire œuvre utile, c'est-à-dire faire sa part de travail en vue de contribuer à l’éradication des cas de violences dans son cadre de vie familiale, professionnelle, sociale ou associative. Il a à faire au regard de la persistance de ce conflit honteux pour notre société.» 
Je vous remercie !

Gos-Gaspard Lenckonov



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