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Congo-Usa : la dette morale de Donald Trump envers Denis Sassou N’Guesso

Triste manipulation aux Etats-Unis où des proches de Donald Trump ont cru possible d’organiser une réunion diplomatique anticipée sur la Libye, entre le nouvel élu et l’un des doyens des Chefs d’Etat africains. Révélée sur les réseaux sociaux, la rencontre a été annulée in extremis par la Présidence américaine... En matière de politique étrangère plus qu’en toute autre, le Président en exercice est le seul qui doit apparaître.



Denis Sassou N’Guesso avait été étonné de la proposition, qui était venue un peu tôt, d’une rencontre avec le futur Président américain Donald Trump, pour l’informer de la position africaine sur la Libye. Mais l’importance du dossier est telle pour la sécurité en Afrique de l’Ouest et, au-delà même, en Afrique centrale, que celui qui est aujourd’hui l’un des doyens des Présidents africains avait accepté de déroger aux usages pour que cet échange puisse avoir lieu, à Palm Beach, en Floride, pendant le séjour de repos dans la villa où Donald Trump avait choisi d’ensoleiller sa fin d’année. Tout sauf une visite officielle. Un entretien informel, qui permettrait en outre de parler un peu pétrole.
 
C’était compter sans l’incendie rapidement déchaîné sur les réseaux sociaux par une poignée de professionnels de la désinformation, habiles propagateurs de fausses révélations et de commentaires incertains - mais non innocents. Face à la rumeur qui montait, les responsables de la communication congolaise ne purent que confirmer l’envol de Denis Sassou N’Guesso. C’était juste, aurait-il fallu le nier ? Ou simplement ne pas répondre ? L’incendie aurait-il été éteint ?
 
Barrage de l’administration Obama
 
De son côté, le Porte-parole de Donald Trump, Hope Hicks, est immédiatement secoué par l’administration Obama : fin janvier, Donald Trump fera ce qu’il voudra, mais avant l’investiture, les chefs d’Etat étrangers, c’est l’affaire du seul président en exercice. Et il est alors bien forcé de déclarer à Reuters qu’ « Aucune rencontre n’avait été programmée, et il n’y en aura pas avant la prestation de serment du nouveau président américain le 20 janvier ». Contradiction. Entre l’entremise officieuse et la diplomatie officielle, les Etats-Unis ne peuvent parler que d’une seule voix. Patience Mr Trump !
 
Donald Trump hésite encore quelques heures : il a conscience que l’erreur vient de son camp. Il n’y a pas d’informel avec un Chef d’Etat en exercice. Mais l’oukaze d’Obama est incontournable. Même totalement secret, l’entretien ne peut avoir lieu. Personne, ni à Brazzaville ni à Miami ne prendra le risque de prétendre que les deux hommes se sont parlé. Même par téléphone ? Silence radio.
 
Désormais l’Afrique compte vraiment 
 
Que retenir de l’épisode ? Les afro-pessimistes se lamenteront de voir qu’un traitement aussi inconséquent puisse être réservé à un Président africain -sous-entendu : si c’était un européen ou un asiatique, les choses se seraient passées autrement. Mais on peut, plus objectivement, penser rigoureusement l’inverse.

Il n’est plus possible désormais de considérer les rapports diplomatiques avec l’Afrique autrement qu’avec le reste du monde. Une rencontre avec Denis Sassou N’Guesso doit être traitée de la même manière qu’une rencontre avec Vladimir Poutine. Si Mr Trump souhaite infléchir la politique américaine en Afrique, au Maghreb arabe, ou vis-à-vis de la Russie, il va falloir qu’il attende son investiture.

Ainsi ce que révèle l’aventure vécue par le Président du Congo en Floride, c’est que le Congo a sur la carte du monde une place désormais reconnue, ce pour quoi il a toujours lutté avec détermination, combattant avéré des indépendances en Afrique australe, organisateur de la Conférence de Brazzaville, animateur de la diplomatie africaine en direction du reste du monde.
 
Et la faute de Mr Trump est d’avoir, une fois encore, méconnu cette place et ce rôle, en croyant qu’une "rencontre informelle" était possible avant l’heure. Reste que diplomatiquement le futur président américain aura une dette à l’égard de Denis Sassou N’Guesso... Ce qui n’est pas mauvais pour la suite, non plus.

Afrik.Com


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Message de VOEUX de nouvel'An 2017 par le président Denis Sassou Nguesso




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