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COP21 : l'accord de Paris, un immense succès diplomatique, mais un échec climatique

L'accord contre le réchauffement est réellement historique. Reste que pour y arriver, de nombreux compromis ont vidé le texte de sa substance.



Samedi 12 décembre dernier, c'était le temps de l'euphorie. Nous n'avons pas eu le cœur de gâcher la fête. Même Laurent Fabius  n'a pu retenir une petite larme au moment d'annoncer l'accord. La France , mais aussi le monde entier, craignait tellement de ne pas y parvenir. Après l'échec cuisant de la COP de Copenhague en 2009, toutes les délégations, toutes les organisations non gouvernementales s'étaient dit « Plus jamais ça ! » Mission remplie. Il y a eu un accord. Il fallait voir le ministre chinois tomber dans les bras de John Kerry . Ségolène Royal, presque danser la gigue avec Ban Ki-moon. Toute la soirée, les tweets ont chauffé. Manuel Valls : « Une victoire pour la planète. » Cécile Duflot : « Formidable ! C'est maintenant que tout commence ! Aux actes ! » Barack Obama : « C'est énorme : la quasi-totalité des pays du monde ont signé l'accord de Paris sur le changement climatique. »
 

César de la diplomatie

Pendant quelques heures, la planète a oublié ses conflits, ses épidémies, ses inondations. Gloire à Laurent Fabius qui a su faire un triomphe planétaire d'un accord vidé d'une grande part de sa substance. S'il existait un césar de la diplomatie, il le mériterait mille fois. Il a su rallier tous les récalcitrants en multipliant les compromis. Bref, la COP21 s'achève sur un immense succès diplomatique, voilant une retraite climatique. Sans vouloir jouer les rabat-joie, faut-il vraiment s'extasier devant un objectif de contenir l'augmentation de la température de la planète à 2 °C (et de même de poursuivre les efforts pour viser 1,5 °C, afin d'avoir les voix des petits états insulaires) alors que la réalité est bien autre ? Dans le même temps, les engagements de réduction des gaz à effet de serre pris par 187 pays conduisent à un réchauffement supérieur à 3 °C d'ici à la fin du siècle. Allô ! la schizophrénie ! L'accord ne mentionne aucune date pour un pic d'émissions mondiales de gaz à effet de serre. « Aussi tôt que possible » est-il seulement mentionné. Pour cacher ce flou, l'accord fait miroiter une révision à la hausse des engagements. Laurent Fabius l'aurait voulu dès 2017. Il faudra attendre 2025. Bien trop tard, selon les climatologues, si l'ont veut endiguer un réchauffement porteur de graves perturbations climatiques.

De même, pour ne pas perdre en route l'Arabie saoudite et le Venezuela qui dépendent du pétrole pour leurs ressources économiques, a-t-il fallu laisser dans le flou la date finale d'utilisation du pétrole. Quant à la création d'une taxe carbone, il n'y est plus fait mention dans l'accord. Certaines grandes ONG demandaient une date pour le remplacement des énergies fossiles par les énergies renouvelables. On l'a oublié. Qu'en est-il enfin du fameux fonds vert de cent milliards de dollars annuels que les pays riches se sont engagés à verser aux pays pauvres à partir de 2020 à Copenhague. Il reste toujours à l'appréciation des futurs donateurs, sans obligation contraignante. Pour calmer les pays du Sud, il a fallu mentionner dans l'accord que cette somme de cent milliards devra être un plancher pour l'après 2020 avec un nouvel objectif chiffré devant être défini au plus tard en 2025. Des promesses, rien que des promesses… Combien de temps encore les pays du Sud s'en contenteront-ils ?

« Should » au lieu de « shall »

Petite anecdote significative des compromis qu'il a fallu admettre. Le texte original de l'accord comprenait cette phrase : « Les pays développés doivent continuer à être en première ligne pour mener à bien des plans nationaux de réduction d'émissions de gaz à effet de serre. » Dans la version anglaise, le terme employé pour « doivent » est « shall ». En lisant cela, John Kerry saute au plafond, car « shall » est juridiquement contraignant. Le Sénat américain à majorité républicaine n'aurait alors pas ratifié l'accord. Bref, dans la version définitive, le « shall » est devenu « should » (devrait), qui n'est plus contraignant. Cette correction a ulcéré le Nicaragua qui refusait de signer l'accord avant que des interventions personnelles d'Obama et de Raúl Castro auprès de son gouvernement ne l'amènent à se coucher.

De toute façon, on ne voit pas trop comment l'accord pourrait être contraignant. Il faudrait déjà être capable de mesurer exactement les émissions de gaz à effet de serre, ce qui n'est pas une mince affaire, même en utilisant des satellites. Mais, surtout, qui se chargerait d'imposer des sanctions au pays fautif ?

Par exemple, qui oserait demander des comptes au géant chinois, qui encore récemment, a avoué qu'il avait sous-évalué sa consommation de charbon de plusieurs centaines de millions de tonnes ? Néanmoins, il faut reconnaître deux grandes avancées à la COP21. Celui d'avoir uni tous les pays de la planète (hormis une poignée, dont la Corée du Nord) dans une même croisade climatique. Même s'il arrive tardivement, ce premier pas est appréciable.

Enfin, la conférence de Paris a marqué une implication exceptionnelle de tous les acteurs de la société civile : les entreprises, les villes, les associations, les particuliers. Si on devait, par miracle, échapper à un dérèglement climatique majeur, ce serait surtout à ceux-ci qu'on le devrait.

Reste maintenant pour les 195 parties impliquées (194 nations plus l'Europe) à ratifier l'accord de Paris dans les mois à venir. Et là, de mauvaises surprises peuvent encore surgir…


LePoint.Fr



Commentaires articles
Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

243.Posté par djessi makagou le 15/12/2015 16:33
L’adoption unanime d’un accord dans le cadre des Nations unies est suffisamment rare pour que la conférence de Paris marque un jalon dans l’histoire des relations internationales. Ce succès diplomatique est-il pour autant à la hauteur de l’enjeu climatique Depuis le sommet de la Terre de 1992 à Rio, ce premier signe vraiment tangible d’une prise de conscience universelle constitue un encouragement tant pour la communauté scientifique que pour les mouvements sociaux qui ont montré le chemin aux décideurs.Ce succès diplomatique est-il pour autant un succès à la hauteur de l’enjeu climatique.

242.Posté par David le 15/12/2015 14:17
La COP21 a été une réussite dans l'ensemble, beaucoup médiatisée et a regroupé tant des dirigeants de partout à travers le monde. Si l'accord trouvé pourrait sauver la planète alors Dieu merci!

241.Posté par Darrick le 15/12/2015 13:23
Avec cet accord nous pensons que la planète finalement sera épargnée de son déclin et du réchauffement climatique.

240.Posté par paola jaon le 15/12/2015 13:11
si la technique ne peut proposer rapidement une solution pour la survie de l'environnent quel espoir reste il pour l'homme? les nations à l'exemple de la COP 21 finiront-elles, sous l'empire de la nécessité, par collaborer pour protéger la planète? même si l'homme a un peu pris conscience du problème, il n'est pas simple de s y attaquer.

239.Posté par makita japhet le 15/12/2015 13:05
la planète terre qui est en totalité possédée par une maladie de l'homme regorge un danger, si Lhomme continu de piller ses ressources abusivement, la destruction est pire plus qu'une guerre nucléaire. le XXI sommet sur le climat qui vient de voir le jour en terre française dans la capitale parisienne en votant des lois nécessaires pour éradiquer le fléau connaitra nul doute un déclin si est seulement si nous nous mettons pas les engagements en application dés maintenant, cela s'explique par un échec climatique dans la disposition générale reviendra que par l'homme et la correction de la nature lui même. cependant, l'homme est toujours figé dans la recherche de l'avantage personnel et cela influence tant des décideurs que l'opinion publique. Les politiques hésitent à mettre en œuvre une défense de l'environnement qui lui couterait des voix, et les industries regimbent devant toute proposition qui pèserait sur les bénéfices ou la croissance. Ainsi, le déclin est avant tout significatif parce que aujourd'hui on peut commencer à respecter les dispositions prises mais demains elle serons toujours respecter par les humains en grande partie les acteurs politiques? nous devons être optimiste à notre possibilité d'action que pessimiste qu'à notre volanté d'action. or si l'homme s'applique de prendre en mains le défit, la grande responsabilité s'impliquerait à la nature elle même du fait que l'environnement est comme le corps humais. or à la manière du corps humais l'environnement possède une extraordinaire capacité de guérison. cependant, convient il de lui infligé une dose de l'invention humaine pour retrouver sa perfection? il nous reste beaucoup à apprendre avant qu'il soit trop tard...

238.Posté par max goma le 15/12/2015 12:37
Le plus important c'est que chacun prenne conscience que nous devons agir ensemble pour protéger notre planète sans quoi, nous ne survivrons pas sur terre. Car la Planète B n'existe pas

237.Posté par stirn NGOUBA le 14/12/2015 15:01
tous mais sur tout les africain espérons avoir gain de cause car le sore du monde est entre leur main mal grès que ce soit d'autre qui cause et que se soit nous qui supportant la charge de la réparation donc la contraindre de cette accord soit respecté même pour des pays qui en le droit de veto

236.Posté par James le 14/12/2015 14:23
L'accord a été trouvé alors il faut l'appliquer dans l'urgence car cela se fait dans l'objectif de sauver la planète; comme il se dit le vin est tiré alors il faut le boire!!!!!

235.Posté par Sosthène bambou le 14/12/2015 14:15
Et ce «dans la seconde moitié de ce siècle». «Il y a deux ans c’était encore une utopie !», poursuit Canfin, pour qui «cet objectif de long terme est un signal fort et très important en direction des investisseurs. C’est là le tournant». On ne parle que de lui avant cette COP 21 : l'effet de serre. Sans trop savoir ce qu'est réellement ce processus. Si ce phénomène est parfaitement naturel, c'est bien l'homme qui est responsable de l'émission des gaz à effet de serre, qui eux, accélèrent le réchauffement. On vous explique tout.

234.Posté par Pascal Roger le 14/12/2015 14:12
Il suffit de remonter la chronologie de l'histoire des changements climatiques pour trouver des périodes de cataclysmes plus violents qu'aujourd'hui. De même, le nombre de catastrophes naturelles a été bien plus dense lors de certaines de ces transitions climatiques.

233.Posté par lenga bantou le 14/12/2015 14:11
L'accord de Paris comporte un certain nombre de zones floues et un manque d’ambition sur les moyens mis en œuvre. Les cycles de révision réguliers des niveaux et mécanismes de financements ont en effet disparu dans ce nouveau texte. «Ça empêche d’avoir de la prévisibilité sur le long terme», explique Armelle Lecomte, d’Oxfam. L'effet de serre est un phénomène parfaitement naturel et n'est donc pas dû à l'homme. Mieux, c'est grâce à lui, notamment, que la vie a pu se développer sur la Terre. Il s'agit d'un mécanisme qui fait qu'une grande partie des rayonnements solaires (70%) ne quitte pas la planète et son atmosphère, et réchauffent donc cette dernière.

232.Posté par maître le 14/12/2015 13:58 (depuis mobile)
c'est avec une grande joie que nous apprenons cette nouvelle bonne nouvelle pour la planète notre patrimoine en commun que ces accords puisse avoir de l'effet dans les années avenir avec la volonté nous y arriverons vivre la COP21

231.Posté par Isaac Newton le 14/12/2015 13:41
Alors que vient faire l'homme dans cette histoire de réchauffement climatique? En résumé, c'est assez simple. Depuis l'invention du moteur à explosion et la révolution industrielle, les dégagements de CO2 notamment se multiplient (lors de la combustion du charbon ou d'hydrocarbures). Ce dioxyde de carbone vient s'ajouter à celui dans l'atmosphère et amplifie l'effet de serre. Plus de rayonnements ultraviolets sont piégés dans l'atmosphère, les températures globales augmentent encore. L'homme est responsable des émissions de gaz à effet de serre qui entrainent le réchauffement climatique.

230.Posté par YA PIERRE le 14/12/2015 13:41
Sans l'effet de serre, la température moyenne globale estimée de notre planète serait de -18°C, contre +15°C actuellement. Et même encore moins : avec un tel froid, la glace et la neige ferait encore chuter cette température (c'est le phénomène d'albédo) pour atteindre -50°c. Soit un climat que l'on peut connaitre régulièrement au pôle Nord ou Sud.

229.Posté par Isaac Newton le 14/12/2015 13:40
La vapeur d'eau (0,3% de l'atmosphère, mais 60% de l'effet de serre), le dioxyde de carbone (CO2, 0.037% de l'atmosphère, mais 26% de l'effet), mais aussi l'ozone (O3, 8% de l'effet global) et le méthane (CH4, 6% de l'effet total avec le protoxyde d'azote, N2O) jouent dans l'atmosphère le rôle des vitres. Les rayons du soleil traversent l'atmosphère pour toucher le sol de la Terre, qui les réfléchit, mais ces gaz retiennent les rayonnements ultraviolets émis par le sol. Comme un couvercle. L'atmosphère se réchauffe.

228.Posté par YA PIERRE le 14/12/2015 13:40
Les explications : cet effet fonctionne comme une serre. Les vitres piègent l'air chaud à l'intérieur de la serre, ce qui permet aux plantes de se développer, malgré des températures extérieures plus fraiches. Pour la Terre, ce sont certains gaz présents dans l'atmosphère qui jouent ce rôle. Ce sont les gaz à effet de serre.

227.Posté par Samba Brice le 14/12/2015 13:37
La COP21 s'est terminée dans l'euphorie samedi : les 195 pays présents ont adopté un accord pour lutter contre le réchauffement climatique. Des applaudissements, des embrassades et des vivats. C'est ainsi que s'est conlu la COP21, organisée au Bourget depuis deux semaines. L'accord qui a été négocié ces deux dernières semaines a été entériné samedi soir par les 195 pays présents. Il doit limiter la hausse de la température moyenne de la planète d'ici la fin du siècle, mais aussi encadrer la gestion des menaces croissantes liées au dérèglement climatique, notamment l'indemnisation des catastrophes naturelles et l'accueil des réfugiés climatiques.

226.Posté par YA PIERRE le 14/12/2015 13:37
"Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n'entends pas d'objection, l'accord de Paris pour le climat est adopté!", a dit le président de la COP21, Laurent Fabius, longuement applaudi

225.Posté par Cedric le 14/12/2015 13:37
Une fois le texte adopté, François Hollande a serré la main de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, et celle de Laurent Fabius, tandis que la responsable climat de l'ONU Christiana Figueres et la négociatrice en chef de la France Laurence Tubiana se donnaient une longue accolade. "C'est un petit marteau mais il peut faire de grandes choses", a déclaré M. Fabius, en abaissant une deuxième fois le marteau en forme de feuille verte, le logo de la COP21.

224.Posté par YA PIERRE le 14/12/2015 13:36
L'objectif de parvenir en 2015 à un accord universel et contraignant avait été fixé en 2011 à Durban (Afrique du Sud). Pendant le discours d'ouverture de cette dernière séssion plénière, laurent Fabius a rappelé à plusieurs reprises que l'enjeu était d'éviter un "nouveau Copenhague". Au Danemark, en 2009, les négociations n'avaient abouti à aucun accord, et depuis, toutes les discussions internationales restaient soit évasives, soit bloquées.

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